
Sur les crêtes du Cap Corse, Le Petit Corse cueille l'immortelle à la rosée
À 450 mètres d'altitude, entre le maquis et la mer, Marie-Ange perpétue un geste transmis par sa grand-mère. Chaque matin de juin, avant que le soleil n'assèche les fleurs, elle monte sur les crêtes du Cap Corse. L'immortelle ne se cultive pas, dit-elle. On la rencontre, on apprend ses chemins, on respecte ses rythmes. Ce matin-là, la rosée tient encore sur les capitules dorés. Marie-Ange coupe au sécateur, jamais à la faucille — « pour ne pas stresser le pied ». Le maquis sent le curry et le miel.
« L'immortelle du Cap, c'est un horaire. Si tu arrives trop tard, elle a déjà tout donné au soleil. »
Le séchoir est une pièce sombre, fraîche, aux volets clos. Les bouquets pendent tête en bas, suspendus à des fils de jute. Dans trois semaines, Marie-Ange procédera à la distillation. L'huile essentielle d'Helichrysum italicum, celle que les vieux du Cap appellent encore « l'herbe des combattants », remplira une vingtaine de flacons ambré. Pas davantage. « Je ne produis que ce que la montagne donne. Certaines années, c'est peu. Mais c'est vrai. »
