
La Chenaïe, ce que les chênes savent de notre peau
Entretien avec Isabelle Carles, fondatrice de La Chenaïe. Propos recueillis par Claire Dessagne, octobre 2025.
Carnet Terroir Beauté
Comment une forêt de chênes pédonculés peut-elle inspirer une gamme de cosmétiques ?
Isabelle Carles
Ce n'est pas une inspiration. C'est un constat. Les tanins du chêne sont astringents et antioxydants — on le sait depuis qu'on tanne le cuir. Mais personne n'avait pensé à les utiliser en cosmétique. Quand j'ai fait analyser les feuilles de chêne de notre bois, le laboratoire a trouvé des polyphénols en concentration très élevée. Plus que dans le raisin, par exemple. La forêt était là depuis toujours. Il suffisait de la regarder autrement.
CTB
Vous cueillez vous-même ?
I. C.
Oui, toujours. Les feuilles de chêne, on les ramasse en juin, quand elles sont tendres et gorgées de sève. Pas les feuilles d'automne — celles-là, elles ont tout donné. Les écorces, on les prélève sur les branches taillées, jamais sur le tronc. C'est important : on ne blesse pas l'arbre. Le chêne est un être lent. Il mérite le respect de sa lenteur.
« Le chêne est un être lent. Il mérite le respect de sa lenteur. »